• Voici une adaptation en français du poème "If I were a Vampyr" que j'ai écrit il y a plus de 10 ans, en anglais. À la base, c'est surtout pour les non-anglophones. ^_^

    À l'origine, l'"addressee" (le destinataire) était masculin mais en transposant j'ai naturellement mis au féminin (on ne se demande pas pourquoi, aha...)

     

    Si j'étais un vampyre...


    Si j'étais un vampyre
    Je boirais tout ton sang
    Et réattiserais le feu
    Pour m'extraire de la fange

    Si j'étais un vampyre
    Je te possèderais entière
    Je me ferais le sauveur
    De notre amour jadis sincère

    Si j'étais un vampyre
    J'n'aurais aucun sentiment
    Je serais le destructeur
    De celle qui a pris ton coeur

    Si j'étais un vampyre
    Je ferais de toi une autre
    Afin que tu m'aimes mieux
    Et que tu sois mienne à jamais


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  • Éveil

    Des sens d’abord
    Des couleurs, des senteurs, des clameurs
    Autant de sensations qui frappent dès l’enfance
    Sitôt sorti de l’alcôve utérine où tout était si simple
        Souffrir

    Des mots ensuite
    Parler, toujours parler
    Etre un animal sociable, formuler ses idées, c’est toujours imparfait
    Les mots sont vides de sens, les pensées bien trop riches
    Et toujours les sensations
        Mentir

    Du cœur après
        Amour, colère, douleur, joie, tout se mélange
    Rire et larmes en une même émotion
    Chaînes incompréhensibles qui nous lient aux autres, nous entravent
        Subir

    Des sens encore
    Effleurer la main, la peau, les yeux
    Céder aux caresses, se soumettre
    Oubliées les idées, la raison nous quitte
        Frémir

    Des sens enfin
        Retour à la raison, retour à la maison
        Les rêves s’évanouissent
        Les sens se dissipent
            Mourir


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  • Inéluctable

    Etrange sensation que le temps qui passe
    Si prompt et si lent
    Les heures agréables nous échappent
    Les secondes douloureuses nous écrasent
    Dix ans. C’est peu. Mais c’est tant.
    Vois comme tu as changé
    Que sont devenues tes idées ?
                Tes rêves ?
                Tes espoirs ?
        Ont-ils simplement changé ?
        Se sont-ils écroulés ?
    Qui continue de voir le monde avec des yeux d’enfant ?
        Tout était si simple
    On s’imaginait un avenir tracé
        Une destinée
    Quel est le bilan ?
    Rien. Plus rien ne vient
        C’est le néant


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  • Dialogue

    Je sais qui tu es.
    En es-tu certain ?
    Tu es la Mort, la Fin.
    Tu devines bien.
    Je t’ai attendue.
    Vraiment ?
    Cela t’étonnes ?
    Je le concède.
    Qu’es-tu vraiment ?
    Rien sinon l’inéluctable.
    Est-ce bien nécessaire ?
    Rien n’est éternel.
    Pourquoi m’attendais-tu ?
    J’ai assez vécu.
    Comment le sais-tu ?
    Je le sens.
    Qui t’a faite ?
    Pourquoi le saurais-je ?
    Sais-tu qui tu es ?
    Sais-tu d’où tu viens ?
    Sais-tu qui t’a fait ?
    Peut-être… Non.
    Si Dieu existait tu le saurais.
    Je ne vois pas pourquoi
    C’est bien humain.
    Et toi qu’es-tu ?
    Je suis un mystère pour moi-même comme pour l’homme.
    Un passage.
    Je suis destruction et reconstruction.
    Tu reconstruis ?
    Oui, c’est le cycle de la vie.
    J’en fais partie.
    Tout ce que j’ai pris a rejailli
    Je suis un théorème
    Rien ne se perd
    Rien ne se crée
    Tout se transforme.
    Alors pourquoi te craint-on ?
    Je n’effraie que l’homme qui se pose trop de question
    L’homme qui à force de vouloir tout savoir oublie qu’il m’appartiendra
    L’homme qui prise tant sa vie qu’il n’imagine le monde sans elle.
    Les animaux te craignent aussi !
    Seulement quand ils me voient
    Quand la menace est présente.
    Je n’empoisonne pas leur vie.
    Ni la vôtre
    Vous l’empoisonnez seuls.
    Pourquoi tant d’amertume ?
    Je vous voie
    Vous êtes mes meilleurs clients
    Mes meilleurs fournisseurs
    Vous savez mieux détruire que moi
    Mais vous allez trop vite
    Je n’arrive plus à vous suivre.
    Que veux-tu dire ?
    Je serai bientôt au chômage
    Vos gouvernements
    Vos militaires
    Ils ont pris mon labeur
    Ils détruisent avant moi
    Ils m’empêchent de reconstruire.
    En quoi cela te prive ?
    Quand tout sera mort
    Qui pourrai-je emmener ?


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  • Agonie

    Qui es-tu?
    La Mort.
    Pourquoi me suis-tu?
    Je l’ignore encore.
    Ma vie touche à sa fin.
    Je n’en sais rien.
    Alors que fais-tu là
    Je ne sais pas.
    Frapperais-tu à l’aveuglette ?
    Je ne suis pas mon propre maître.
    Es-tu seule ?
    Comme un linceul.
    Officies-tu exclusivement ?
    J’ai certainement des frères de sang.
    Quand dois-je partir ?
    Je ne puis dire.
    Attends-tu l’ordre ?
    Dans le désordre.
    Epargnes-tu ?
    Pas jusqu’ici.
    Quel est ton but ?
    Je tue la vie.
    Pourquoi ?
    C’est comme ça.
    Qui t’a créée ?
    Ça m’est égal.
    Est-ce normal ?
    Pourquoi penser ?
    Je n’ai aucune volonté
    Je suis ici pour officier
    Je suis venue pour t’emmener.
    Ferme les yeux.
    A quoi bon ?
    Ils les fermeront pour toi
    Ils ne me regardent pas en face
    Facilite-leur la tâche.
    Je veux rester.
    Ce n’est pas ta destinée.
    Je ne crois pas au destin.
    Je ne cois pas en Dieu.
    Tu as raison.
    Je suis la seule fin en soi
    Je suis le bout du chemin
    Je n’existe pas
    Je ne suis que le fruit de ton esprit qui se meurt
    Je suis un instant qui jamais ne demeure
    Au fond que suis-je sinon l’éternité ?


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